Double culture

Saint-Pierre et Miquelon… De petites îles si éloignées de la France métropolitaine qu’on pourrait les croire reliées à « la métropole » par des liens flasques, prêts à rompre.

Des îles si voisines du Canada qu’on pourrait imaginer qu’on y vit comme à Terre-Neuve.

À 19 kilomètres de la côte terre-neuvienne dit-on… En réalité c’est  beaucoup moins si on considère la terre canadienne la plus proche : l’Île Verte, située à quelques encablures du port de Saint-Pierre.

Et pourtant, Saint-Pierre et Miquelon, c’est la France. Complètement. Avec une très forte influence régionale.

Nous, les habitants de Saint-Pierre et Miquelon, nous avons pris le meilleur des deux mondes.

Au fil des siècles et des échanges régionaux nous avons façonné notre identité, une synthèse vivante et colorée entre le drapeau tricolore et la feuille d’érable, à degrés variable. On a peut-être déjà tout dit et tout écrit sur ce sujet, la meilleure chose à faire est de venir vous rendre compte sur place de cette réalité hybride unique en son genre. Notre réalité.

Notre archipel est comme une grande marmite.

Une cocotte.

Plongez-y d’abord (comme ça, c’est fait)

  • Nos passeports européens – République Française,
  • Nos billets en euro,
  • Nos drapeaux tricolores qui claquent au vent,
  • Notre préfet dans son bel habit bleu marine à galons dorés,
  • Ajoutez quelques gendarmes et les trois premières mesures de la Marseillaise (Allons enfants de la Patrie / le jour de gloire / est arrivé)

Ça c’est pour la base administrative : à Saint-Pierre et Miquelon, on est 100 % français.

Puis, on y mettrait  un condensé de l’héritage des premiers habitants de Saint-Pierre et Miquelon. Venus de France, pour la pêche, on les retrouve sur notre drapeau : les Basques, les Bretons et les Normands.

Les saveurs culturelles

Ensuite, dans la marmite, on y ajoute ce qui donne du goût et qui se fabrique avec du temps et des gens : la culture !

  • Des danses traditionnelles. Du Pays Basque, de Bretagne et de Normandie, l’aéroplane en tête, de la valse musette qui fait tourner la tête, et le paso doble des marins espagnols,
  • Un peu de rhum de contrebande, de préférence du demerara sorti d’une cave humide,
  • Un beau brouillard épais né de la rencontre du Gulf Stream et du Labrador. Un brouillard de première qualité, idéal pour cultiver les mystères,
  • Les centaines de naufrages qui l’accompagnent forcément,
  • Quelques pages de Chateaubriand prises dans Mémoires d’Outre-tombe,
  • Des drapeaux acadiens et leurs Cormier, Poirier et Vigneau tout autour,
  • Trois boules de pétanque, qu’on aura d’abord fait rouler sur le boulodrome du Cochonnet Saint-Pierrais,
  • Des baguettes de pain qui croustillent,
  • Des airs d’un accordéon fatigué joués au petit matin, le 15 juillet
  • Des producteurs de foie gras et une micro-brasserie,
  • Une forêt basse. La seule forêt boréale de France, où prospèrent les cerfs de Virginie et où on cueille les cocos d’anis,
  • Des homards. Remontés du casier à 15h00, cuits à 16h00, mangés froids avec une mayonnaise à 20h00,
  • Des gorgées fraiches de bière de spruce
  • Du piment basque, d’Espelette. Il en faut beaucoup, pour le goût et la couleur,
  • Un accent qui arriverait de Normandie, peut-être, ou du Nord de la France, on ne sait pas trop … Mais un accent qui dit « an » pour « on » et qui traine du côté des salines rouges, vertes et jaunes, sur le littoral de Saint-Pierre.


Couvrez et laissez mijoter pour toujours.
Remuez régulièrement et assaisonnez d’une pelletée de gros sel de l’Atlantique à chaque nouvelle année.
 Quand vous ôterez le couvercle !... Ta-dam !!! En plus de ce que vous aviez mis dans la cocotte, il y aura aussi :

  • Des maisons en bois de toutes les couleurs, comme une poignée de Jelly Beans,
  • Un school-bus  jaune-orange chargé d’écoliers turbulents,
  • Des camionnettes Ford 150, avec un labrador ou un beagle dans la cuve,
  • Au fenêtre du salon, des fanions des Canadiens de Montréal, des Bruins de Boston, des Flyers de Philadelphie,
  • Des gâteaux arc-en-ciel Super Moist de Betty Crocker (ajoutez seulement du lait et 2 œufs)
  • Des lots 2x4  ou des planches de fir sur les épaules d’ouvriers en overall,
  • Des roulés à la cassonade, emblème des pâtisseries locales,
  • Des petites boites bleues de saucisses viennoises Maple Leaf  dans toutes les épiceries. Posées à côté du Cassoulet de Castelnaudary,
  • Des dégras de chasse au lapin,
  • Des paquets de chips au ketchup qui font les doigts rouges

Et ça continue, … ça infuse, ça se mélange, ça brasse !!!  À l’image de l’Atlantique qui nous entoure très serrés.

C’est  intriguant, n’est-ce pas ?  De passage dans l’archipel, vous le constaterez par vous-même. Attendez- vous à ce patchwork d’images et de sensations.

Attendez-vous à vous poser les mêmes questions souvent :
 « C’est français ? »
« C’est canadien ? »
et à vous répondre  … C’est Saint-Pierre et Miquelon.  C’est ça !


 

 


 

 

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